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HISTOIRE DE L'ILLUSIONISME Faire croire ce qui n'est pas. Donner l'illusion de l'irruption du magique dans le quotidien. Voilà le credo de l'illusioniste qui parvient à ses fins à grand renfort d'artificles, de trucages et de manipulation.
L'art de l'escamotage Selon les spécialistes, l'art de l'illusion prend sa source en France dès le XVème siècle. Dans le monde, il est encore plus ancien. En Egypte, par exemple, il semble que certains prêtres usent déjà de ces ficelles pour orienter les oracles.
Plus tard, dans la Grèce antique, Théodore, Euclide et Xénophon s'adonnent à cet art avec un tel brio que leurs admirateurs leur élèvet une statue pos-mortem. A Rome, pendant et en marge des jeux du cirque, les illusionistes fascinent les foules, avalent les sabres ou les braises incandescentes.
Dans l'hexagone, l'un des tours les plus anciens, mais toujours d'actualité est sans doute "l'escamot" qui qualifiera bientôt ceux qui le présentent, les "escamoteurs". Il s'agit de gobelets associés à de petites billes de liège qui passent de l'un à l'autre.
Cette magie s'apparente alors à une manipulation experte des objets, à de prestigieux doigts qui inspireront à Jules de Rovère, au début du XIXème siècle un néologisme : prestidigitation, qui qualifiera bientôt cette corporation des illusionnistes qui usent de leurs mains pour berner le public.
Sans autres artifices, ils parviennent à faire apparaître, disparaître, à multiplier, diviser, chacun travaillant avec des supports différents : des balles, des pièces, des foulards. Quand l'illusion se fait politique C'est au XIXème siècle que Jean-Eugène Robert HOUDIN livre à l'illusionnisme une nouvelle dimension, notamment avec ses automates et ses boîtes à secrets (voir sa page ). Sa maîtrise est si saisissante qu'elle devient en quelque sorte affaire d'Etat. Il est, en effet, chargé par le gouvernement français d'une "mission" : en 1856, il se rend en Algérie pour une tournée visant essentiellement à démystifer les pouvoirs des marabouts locaux qui inquiètent les autorités françaises. Ses tours les plus impressionnants sont sensés déstabiliser les "intrigants", qui se disent inspirés par le prophète, regardés par les Arabes comme des envoyés de Dieu sur la Terre, pour les délivrer des chrétiens. Par la même, avec l'aide de ses tours de passe-passe, l'illusionniste français dénonce ces "faux prophètes", pas plus sorciers que lui. Robert HOUDIN inspirera un disciple : Harry HOUDINI (voir sa page ).
Dans le courant du XVIIIème siècle, les magiciens deviennent aussi "prestidigitateurs", pour cause de "doigts prestigieux". L'art de l'illusion se compose schématiquement de deux grandes spécialités : l'illusionnisme à grand spectacle, et la manipulation d'objets et/ou d'animaux, du fameux lapin sortant du chapeau à la blanche colombe.
Un art majeur Les tours des grands illusionnistes font le tour du monde. De nombreuses composantes entrent dans la véritable alchimie qui veille à leur élaboration : la mécanique, l'optique, la chimie... et une bonne dose d'ingéniosité. Ces numéros de haute voltife deviennent bientôt aussi célèbres que leurs inventeurs, avec notamment la femme coupée en deux, et la malle des Indes.
Dès sa création, le premier fut accueilli avec une incroyable ferveur populaire. Le principe en est aussi simple que surprenant : une femme est enfermée dans un boîte allongée. Seule la tête et ses pieds restent visibles aux extrémités.
L'artiste scie alors la boîte en son milieu, séparant du même coup le corps en deux parties. Au terme de l'exercice, l'ensemble est reconstutué et la femme "recomposée" peut ainsi sortir de sa prison momentanée, sans le moindre dommage.
La malle des Indes est tout aussi impressionnante : le magicien entrave un assistant ou une assistante aux poignets avant de l'enfermer dans un grand sac et de placer ce dernier dans une malle fermée à double tour. Le maître de l'illusion monte alors sur la malle, occultant progressivement l'ensemble, lui compris, avec une large étoffe opaque.
En moins de temps qu'il en faut pour le dire, la draperie tombe et c'est le partenaire qui apparaît sur la malle ; le magicien, lui, se retrouve à l'intérieur, les poignets fermement liés. Ces mises en scène sophistiquées trouvent leur apogée avec les spectacles pharaoniques de l'américain David Copperfield.
Le close-up Il est une autre illusion plus "intime", se pratiquant parfois sous l'oeil incrédule des spectateurs, les fascinants "close-up" (traduisez "magie de proximité") durant lesquels les illusionnistes portent haut l'art de la manipulation. Pour tenter de berner l'auditoire, ils utilisent des cartes à jouer, des balles, des pièces, des foulards, les escamotant, les faisant apparaître, disparaître, puis réapparaître à l'envi. Des animaux peuvent, eux aussi, être de la fête, comme les traditionnelles colombes dont la proverbiale docilité est largement mise à contribution.
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